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Comment lutter contre l’obésité infantile alarmante causée par COVID-19

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En France, le surpoids et l’obésité chez les enfants continuent d’augmenter. Près de 40 % des enfants âgés de 3 à 8 ans souffrent de ces problèmes, selon les données de la dernière étude nutritionnelle de la population Française, révélées le mois dernier. Des problèmes qui, de plus, ont pu être exacerbés par la pandémie de COVID-19 et l’enfermement pris pour la prévenir.

Les chiffres ne sont pas beaucoup plus encourageants si l’on considère non seulement les enfants mais aussi les adolescents et les jeunes. Trente-quatre pour cent de la population âgée de 3 à 24 ans est en surpoids ou obèse, avec une majorité de garçons : parmi eux, la prévalence s’élève à 39,2 %, tandis que chez les filles, elle est de 28,4 %.

Plus précisément, l’obésité chez les enfants Français de moins de 25 ans a augmenté de façon spectaculaire au cours des dernières décennies : elle était de 3% en 1984, de 6,2% en 1998 et de 10,3% aujourd’hui.

Ces chiffres sont alarmants, sans aucun doute. Le surpoids et l’obésité sont, dès l’enfance, des facteurs de risque d’hypertension artérielle, de problèmes cardiovasculaires, de cholestérol et de diabète de type 2, entre autres complications. En outre, l’obésité dans l’enfance augmente le risque d’obésité à l’âge adulte, et donc aussi la probabilité de souffrir – en plus des maladies susmentionnées – de différents types de cancer.

Sédentarité et alimentation inadéquate, les principales causes

Parmi les principales causes de ce problème figurent un mode de vie sédentaire notamment le fait de passer trop de temps devant des écrans et une alimentation inadéquate. Ce dernier est à son tour dû à plusieurs facteurs, allant du manque d’éducation nutritionnelle au fait de ne pas consacrer le temps nécessaire à la préparation de plats plus sains. Par exemple, de nombreux enfants consomment de grandes quantités de plats préparés et de boissons sucrées.

Une étude récente porte sur ces boissons et les sodas. Elle souligne que 81% des enfants Français en consomment chaque semaine et que la publicité est l’un des facteurs contribuant à la création d’un « environnement obésogène », c’est-à-dire un environnement qui favorise le développement de l’obésité.

Bien que les entreprises lancent régulièrement des boissons annoncées comme « plus saines », la vérité est que « leur priorité reste la version sucrée classique de leurs produits ». Ces entreprises s’engagent au préalable à respecter une loi qui réglemente la publicité pour les aliments et les boissons destinée aux mineurs mais le montrent ensuite « systématiquement dans leurs stratégies publicitaires« .

C’est pourquoi les chercheurs affirment qu’une « réglementation plus stricte de la publicité » est nécessaire, notamment en ce qui concerne le langage utilisé (qui a tendance à associer les produits à des émotions ou des sensations qui n’ont rien à voir avec eux, comme le plaisir ou le bonheur) et le soutien des célébrités. Ce n’est qu’ainsi, soulignent-ils, que la réglementation du contenu publicitaire sera « véritablement efficace dans la lutte contre l’obésité infantile ».

La pandémie de COVID-19, un facteur aggravant

La situation est alarmante en soi. Non seulement en France, mais aussi dans le monde entier : entre 1975 et 2016, le nombre d’enfants et d’adolescents obèses a été multiplié par onze dans le monde, passant de 11 millions à 124 millions. Et cette année, un nouvel élément est venu compliquer les choses : le COVID-19.

Comment la pandémie actuelle a-t-elle contribué à la surcharge pondérale et à l’obésité ?

Essentiellement parce que nous devions rester confinés chez nous pendant des semaines. Le manque d’activité physique, associé à une alimentation éventuellement inadaptée (avec une plus grande tendance à « grignoter » qu’en temps normal) et le stress de la situation, ont fait prendre du poids à de nombreuses personnes.

Selon une enquête de la Société Française pour l’étude de l’obésité, plus de la moitié des personnes interrogées ont pris du poids. Près de 46 % ont déclaré avoir pris entre 1 et 3 kilos, et 16 % (soit une personne sur six), qui sont sortis de l’état d’alerte avec jusqu’à cinq kilos de plus qu’au début de la pandémie.

Dans le cas spécifique des enfants, aucune donnée officielle n’est encore disponible, mais des experts s’attendent à un gain de poids possible, en moyenne, de 5%. Dans cette optique, un spécialiste a souligné l’importance, en cas d’augmentation de poids, de « prendre des mesures pour revenir à un poids normal ».

Que peut-on faire pour lutter contre le surpoids et l’obésité chez les enfants ?

Les conseils pour lutter contre le surpoids et l’obésité chez les enfants sont habituels, mais en cette saison estivale, compte tenu de la situation provoquée par la pandémie, ils sont devenus essentiels. Ces conseils sont résumés en cinq points fondamentaux :

  • Une alimentation saine et variée, dans des quantités adaptées à l’âge de chaque enfant.
  • Ne grignotez pas entre les repas.
  • Ne buvez que de l’eau. Les boissons sucrées doivent être évitées autant que possible, y compris les jus de fruits (même s’ils sont naturels, il est préférable pour eux de manger des fruits frais) et les boissons énergisantes.
  • Évitez les sucreries, les pâtisseries industrielles et, en général, tous les aliments précuits et ultra-transformés.
  • L’activité physique. Il s’agit là d’un point essentiel, surtout en cette période de post-confinement. En général, la recommandation est de pratiquer une activité physique pendant au moins 60 minutes par jour, suivie ou répartie en différentes séances, principalement aérobique et entrecoupée d’activités vigoureuses pour renforcer les muscles et les os trois fois par semaine.

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