Optimiste ou pessimiste un facteur génétique ?

L’optimisme est un excellent protecteur de notre santé et de notre satisfaction dans la vie

La psychiatre a également souligné que l’optimisme a le caractère d’une prophétie auto-réalisatrice. En effet, les personnes optimistes s’imaginent qu’elles vont obtenir ce qu’elles veulent, elles persévèrent et les autres réagissent bien à leur enthousiasme. Cette attitude leur donne un avantage dans les domaines de la santé, de l’amour, du travail et des loisirs, ce qui valide à son tour leur prédiction optimiste.

Les personnes pessimistes, en revanche, se découragent et abandonnent plus rapidement : elles ont beaucoup plus de mal à surmonter l’adversité et à rebondir après les coups de la vie. Pour ces personnes, l’avenir est souvent assombri par un manque d’espoir.

Un psychologue américain,  l’un des principaux partisans de la psychologie dite positive a défini ce qu’il considère comme la différence la plus importante entre les optimistes et les pessimistes : la manière dont ils expliquent la réalité, la vie quotidienne.

Selon ce spécialiste, les optimistes, lorsqu’ils sont frappés par une adversité, ont tendance à la considérer comme un problème passager. Les pessimistes, en revanche, ont tendance à penser que les effets des coups sont permanents. Les premiers limitent ou compartimentent les conséquences des échecs ; les seconds estiment que la personne entière est affectée.

Cela influence également la manière d’avancer. L’optimisme aide à voir des solutions aux erreurs et à les accepter comme faisant partie de l’apprentissage. Pour les personnes pessimistes, la culpabilité les submerge souvent et les empêche de voir la sortie.

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Le rôle de la génétique dans l’optimisme

Une question importante se pose alors : les gens naissent-ils optimistes ou cela dépend-il de l’apprentissage ? Les experts soulignent que les deux variables jouent un rôle. De nombreuses études menées ces dernières années indiquent que le rôle des gènes dans cette question est crucial.

Un spécialiste en cette question a déclaré que la pensée positive est programmée dans notre bagage génétique et fait partie de l’instinct humain d’autoconservation.

Le pouvoir des gènes sur notre personnalité est clairement démontré chez les jumeaux, a souligné le spécialiste. Les jumeaux monozygotes, qui ont exactement les mêmes gènes parce qu’ils sont issus de la même cellule originelle, sont statistiquement similaires dans leur disposition optimiste ou pessimiste.

Comment les gènes influencent-ils la tendance à aborder les choses et les vicissitudes de la vie à travers une lentille qui en accentue les aspects favorables ? Certains des principaux résultats de ces dernières années sont détaillés ci-dessous.

Gènes, optimisme et bien-être

Une étude suggère que l’une des clés se trouve dans un gène appelé 5-HTTLPR, plus connu sous le nom de transporteur de sérotonine. Il s’agit d’un gène qui joue un rôle clé dans l’accumulation de sérotonine, le neurotransmetteur qui régule l’humeur (et qui est souvent appelé « hormone du bonheur »).

Au cours de l’étude, on a demandé à 2 574 personnes âgés de 20 à 30 ans dans quelle mesure ils étaient satisfaits de leur vie. Leurs réponses ont ensuite été comparées à la variation de la région promotrice du gène en question, qui peut être soit plus longue, soit plus courte.

Le résultat a été que les personnes possédant la version longue du gène ont fait état de niveaux de satisfaction de la vie significativement plus élevés par rapport aux réponses de l’autre groupe (toutefois, des travaux ultérieurs de la même équipe ont souligné que des recherches supplémentaires étaient nécessaires pour confirmer ces données).

Un autre gène qui pourrait être impliqué dans ce problème est le SNP rs53576, mieux connu sous le nom de récepteur de l’ocytocine. L’ocytocine est ce que l’on appelle l’hormone de l’amour, que le corps génère dans des situations telles que les rapports sexuels, les câlins ou les manifestations d’affection entre parents et enfants.

Dans une analyse basée sur les données de 326 personnes, des scientifiques ont découvert un lien entre une variante OXTR connue sous le nom d’allèle A et des niveaux inférieurs d’optimisme, d’estime de soi et de confiance en soi. Par conséquent, cette variante génétique était également associée à la symptomatologie dépressive.

Une troisième variante notable affecte le gène ADRA2b, qui influence l’activité de la noradrénaline, une substance libérée par l’organisme en réponse au stress. Ses effets ont été évalués par des scientifiques de plusieurs universités canadiennes.

Les personnes présentant cette variante selon les résultats de la recherche ont tendance à être plus sensibles aux souvenirs intrusifs après un traumatisme et à avoir une réserve émotionnelle plus prononcée pour les éléments négatifs. En d’autres termes, leur vision des choses a tendance à être plus pessimiste.

En outre, un examen des études utilisant les données de près de 300 000 personnes impliquant près de 200 scientifiques a permis de trouver trois variantes génétiques associées au bien-être subjectif.

Selon des chercheurs, jusqu’à 40 % de la variation du bonheur général (c’est-à-dire le bien-être subjectif et la satisfaction dans la vie) s’explique par des influences génétiques.

Ce qui ne dépend pas des gènes

Bien sûr, comme on l’a dit, la génétique n’est qu’une partie de l’équation. Elle explique une certaine tendance ou prédisposition à voir le monde et ses circonstances d’une certaine manière. Mais ce n’est pas tout. L’apprentissage et les activités personnelles ont une grande influence sur le reste.

Selon un spécialiste, le bagage génétique joue un rôle plus déterminant dans le pessimisme d’une personne que dans son optimisme. Il s’ensuit que l’environnement dans lequel nous grandissons, les expériences que nous vivons et notre apprentissage ont un impact plus important sur notre niveau d’optimisme que sur notre pessimisme.

C’est pourquoi, il est plus efficace d’investir dans des stratégies visant à accroître notre vision positive des choses que dans des mesures visant à modifier nos croyances pessimistes.

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Quelles stratégies peuvent être utilisées pour augmenter cette perspective positive ?

Certaines sont simples et peu surprenantes : éviter l’anxiété et le stress excessif, se reposer et dormir suffisamment, avoir une alimentation saine, être actif physiquement. Au-delà des tendances génétiques, ces facteurs aident à avoir une vision plus optimiste du monde.