L'huile, nouvelle star du foodwashing ?

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  • L'huile, du mythe à la réalité : Elle est devenue l'alibi santé des marques, mais derrière le marketing, les études scientifiques sont moins unanimes.
  • Foodwashing gras : De l'huile de coco à l'huile d'avocat, chaque mois sa nouvelle huile miracle. Un argument marketing plus qu'une révolution nutritionnelle.
  • Pétrole et huile de palme : Quand l'actualité mélange les genres, l'huile de palme reste un enjeu environnemental massif, vite oublié dans les pubs.
  • Huiles essentielles, le business des fermiers : Les paysans distillateurs ouvrent leurs portes, mais entre bien-être et marketing territorial, le vrai coût se cache souvent.
  • Gros sous et petite bouteille : Les promotions type Aroma-Zone cartonnent, mais est-ce que le prix bas rime avec qualité ? Pas si sûr.
L'huile, nouvelle star du foodwashing ?
Vignette de la vidéo Dr Jean-Michel Cohen, 27/03/2026

Mini quiz pour aller plus loin

Réponds aux trois questions pour découvrir un autre article qui te ressemble.

1. Combien de types d'huiles différentes (végétales) sont couramment utilisées dans notre alimentation ?

  • Moins de 5
  • Entre 5 et 10
  • Plus de 10

2. Selon l'article, quel est le principal risque du foodwashing dans le domaine des huiles ?

  • Il fait croire que l'huile est un médicament miracle
  • Il rend les huiles plus chères
  • Il encourage la déforestation

3. Quel élément de marketing est le plus trompeur dans la vente d'huile ?

  • Les emballages verts
  • Les promesses santé non vérifiées
  • Les réductions de prix massives

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Dr Jean-Michel Cohen, 27/03/2026

L'huile, c'est ringard ou branché ? Hier, on la fuyait pour le cholestérol. Aujourd'hui, on la vénère sur TikTok. Le foodwashing a encore frappé : l'huile est devenue l'icône d'une alimentation saine et propre, sans qu'on ose regarder la petite bête dans la bouteille.

L'huile, une histoire de com'

Difficile d'ouvrir un magazine, de scroller sur Instagram ou d'écouter un podcast santé sans tomber sur une ode à l'huile. L'huile d'olive, d'avocat, de coco, de lin, de sésame, de pépins de raisin... Chaque mois, une nouvelle prend la place de la précédente sur le podium des super-aliments. Mais c'est quoi, exactement, le problème avec cette célébration grasse ? Le problème, c'est que le marketing a dépassé la science. Prenons l'huile de coco : vantée pour ses vertus antioxydantes et sa capacité à favoriser la perte de poids. Sauf que, comme le rappelle le Dr Jean-Michel Cohen dans sa vidéo coup de poing, elle est majoritairement composée d'acides gras saturés, les mêmes qui bouchent les artères quand on en abuse. Alors, miracle ou mirage ? Le foodwashing, c'est quand on vous vend un produit avec des arguments santé qui ne tiennent pas vraiment la route, parce que la marque sait que vous cherchez – désespérément – une solution santé facile. L'huile est devenue le nouveau joker.

Huile de palme, la grande oubliée

Pendant qu'on pleure sur nos salades arrosées d'huile d'olive bio, l'industrie agroalimentaire continue à utiliser des tonnes d'huile de palme – celle qui fait briller les gâteaux industriels, les pâtes à tartiner et les cosmétiques bon marché. Et l'actualité ne nous aide pas à y voir clair. Fin mai 2026, la production d'huile de palme du groupe REA Holdings a reculé, à cause d'une baisse de la pluviométrie en Malaisie. L'occasion de reparler du défrichement de forêts primaires, de la disparition des orangs-outans et des conséquences climatiques. Mais personne n'en a vraiment parlé dans les médias mainstream. Pourquoi ? Parce que parler de l'huile de palme, c'est parler d'un système qui ne fait pas vendre. Le sujet est complexe, il implique des multinationales, des pays lointains, et on préfère vous vendre une bouteille d'huile d'olive à 15 euros en vous promettant que vous sauvez la planète. Les Echos titraient récemment : "Pétrole : quand l'IA éteint l'huile sur le feu". Un autre exemple de la façon dont le débat public mélange joyeusement les genres – le pétrole brut et l'huile végétale, les deux ont en commun de rapporter gros, mais les conséquences ne sont pas les mêmes.

Huiles essentielles, entre bien-être et business local

Autre terrain de jeu : les huiles essentielles. La tendance est au local et au fait main. Les paysans distillateurs ouvrent leurs portes dans le Morbihan, comme le rapporte Actu.fr. C'est charmant, c'est authentique, et ça fait rêver. Mais là encore, gare au greenwashing déguisé en slow cosmétique. Si l'huile essentielle de lavande produite à la ferme est un produit de qualité, son prix n'a rien à voir avec celui vendu en pharmacie ou chez Aroma-Zone. Et les promos sur ces produits – le Parisien titrait "Promotions Aroma-Zone : 3 pépites que les internautes adorent" – masquent souvent des marges énormes sur des produits de synthèse. L'huile, qu'elle soit alimentaire ou cosmétique, est devenue un produit-marketing. On ne boit pas de l'huile pour ses qualités nutritives, on boit une aspiration. Celle d'une vie saine, naturelle, propre. Et c'est là que le bât blesse : l'huile, comme tout produit transformé, peut être aussi bonne que dangereuse selon son usage et sa provenance.

Alors, on fait quoi ?

Arrêtons de croire au régime de l'huile. Une cuillère d'huile d'olive le matin pour nettoyer le foie, une autre d'huile de coco pour la peau, une autre d'huile de lin pour les omégas 3... On finit par ressembler à une salade qui prend la pause. L'huile est un aliment, pas un médicament. Une bonne huile d'olive vierge extra, c'est délicieux, surtout sur une mozzarella di bufala avec des tomates et du basilic. Mais ça ne remplace pas une alimentation équilibrée. Le foodwashing sur l'huile, c'est un business qui rapporte des milliards. Le meilleur conseil ? Lisez les étiquettes, fuyez les promesses trop belles, et rappelez-vous que l'huile, comme tout, se consomme avec modération. Et surtout, ne laissez pas les influenceurs décider de ce qui est bon pour votre santé. Eux, ils vivent de ça.

Questions fréquentes

L'huile d'olive est-elle vraiment la meilleure pour la santé ?

Réponse courte : oui, si elle est vierge extra et consommée avec modération. Mais non, elle n'est pas un remède miracle. Elle fait partie du régime méditerranéen, reconnu pour ses bienfaits, mais les études pointent aussi que son intérêt vient de l'ensemble du régime, pas de l'huile seule. Le marketing en a fait une star, ce qui la rend chère et pas toujours nécessaire.

Que penser des huiles de coco, d'avocat ou de sésame ?

Elles sont toutes bonnes, mais attention : l'huile de coco est riche en acides gras saturés (à limiter), l'huile d'avocat est bonne pour la cuisson à haute température, et l'huile de sésame est délicieuse en assaisonnement. Le piège, c'est de les considérer comme des super-aliments. Aucune huile n'est indispensable, et le fait de les voir envahies par le marketing est un signal d'alarme.

L'huile de palme est-elle vraiment un fléau ?

Oui, à cause de la déforestation massive qu'elle provoque en Indonésie et en Malaisie, et des impacts sur les populations locales et la biodiversité. Son coût bas encourage les abus. Heureusement, des certifications existent (RSPO) mais leur efficacité est discutée. Pour les consommateurs, mieux vaut réduire sa consommation de produits transformés qui en contiennent.

Sources consultées : Wikipédia FR, Journal des Femmes Santé, Les Echos, Zonebourse Suisse, Le JSL, Le Télégramme, Gala, Actu.fr, Le Parisien