Luxations : que faire et comment les prévenir?

Elles surviennent généralement après un coup ou une chute mais elles peuvent aussi apparaître après un surmenage sportif.

Une luxation est une blessure qui se produit lorsque, dans une articulation, deux ou plusieurs os se retrouvent dans une position qui n’est pas normale, presque toujours à la suite d’un coup ou d’une chute. C’est pourquoi elle est également connue sous le nom de dislocation, qui signifie étymologiquement « déboité de sa place ».

Les articulations où les luxations sont les plus fréquentes sont les épaules, les coudes et les doigts, bien qu’elles aient également tendance à se produire au niveau des hanches, des genoux et des chevilles. Selon la gravité du cas, il peut s’agir d’une blessure très douloureuse, empêchant le mouvement de l’articulation et provoquant un gonflement ou une déformation de la zone.

Du côté positif, dans la plupart des cas, la prise en charge médicale permet de réparer l’articulation sans aucune conséquence permanente, si ce n’est parfois une plus grande propension à la récidive de la luxation.

Dans les cas les plus graves, les luxations peuvent être accompagnées d’autres lésions musculo-squelettiques, telles que des fractures, des entorses ou des ruptures de tendons. Ces blessures peuvent toucher, outre les os, les muscles, les ligaments, les tendons et même la peau, qui est parfois déchirée.

Quand une dislocation se produit…

En général, pour qu’une luxation se produise, une force intense, soudaine et brutale doit être appliquée à l’articulation. Cela se produit généralement après une chute ou un coup qui génère un traumatisme important, comme celui résultant d’un accident de la route.

La pratique du sport peut également être à l’origine de ces blessures. En particulier, les sports dans lesquels il peut y avoir des coups dérivés du contact physique, comme le rugby, le football, le basket-ball ou ceux dans lesquels les chutes sont très fréquentes, comme la gymnastique, le patinage ou le ski, pour n’en citer que quelques-uns.

En outre, les sports de balle rendent très fréquentes les luxations des articulations des doigts (dues au fait de frapper la balle elle-même). Et dans d’autres cas, l’origine de cette blessure peut ne pas être due à des coups, mais à des mouvements brusques ou à d’autres types de mouvements forcés de l’articulation, comme c’est souvent le cas pour les luxations dans les accidents de la rotule.

Certaines personnes sont-elles plus sujettes aux luxations?

Oui : ceux qui souffrent de faiblesse musculaire (ou du moins d’une force ou d’une résistance insuffisante pour certains efforts), de problèmes de coordination des mouvements, de certaines altérations anatomiques ou d’une hyperlaxité articulaire.

Cette hyperlaxité est la caractéristique des personnes très « élastiques », dont les articulations permettent des mouvements plus amples que chez la plupart des gens. Dans certains cas, cette qualité résulte de troubles héréditaires, comme le rare syndrome d’Ehlers-Danlos.

Le syndrome d’Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire rare du tissu conjonctif qui entraîne une flexibilité inhabituelle des articulations, une peau hyper élastique et des tissus fragiles.

Comme mentionné ci-dessus, le fait d’avoir eu une luxation augmente la probabilité de luxations futures car la zone est affaiblie. Et aussi – bien que rarement – la zone est affaiblie ou usée par des mouvements répétitifs fréquents, comme ceux qu’exigent certains sports. C’est un autre facteur de risque.

Que faire en cas de luxation

Les symptômes d’une luxation sont très visibles. En particulier la douleur, qui dépend de la gravité de la blessure et qui empêche généralement l’utilisation normale de l’articulation et nécessite parfois une immobilisation totale.

Une inflammation ou une déformation peut également se produire dans la zone de la blessure, avec des changements de couleur (la peau acquiert des teintes violacées ou pourpres, typiques des contusions et des hématomes), et générer une sensation d’engourdissement ou de picotement, tant dans la zone directement affectée que dans ses environs.

Lorsque ce problème est détecté ou suspecté, il est important de consulter un médecin dès que possible. La première étape que le chirurgien orthopédiste ou un autre spécialiste devra entreprendre est de replacer le ou les os à leur place normale.

Il est essentiel de ne pas essayer de repositionner ou de « redresser » les os si vous ne disposez pas des connaissances spécifiques, car le seul résultat serait probablement d’aggraver le problème et de l’étendre aux tissus voisins. En outre, elle provoquerait une douleur intense chez la personne qui a subi la luxation.

En fait, dans de nombreuses occasions, il est nécessaire d’anesthésier la zone avant de repositionner les os, et dans les cas les plus graves, une anesthésie générale est appliquée. Après ce processus, l’articulation doit être mise au repos pendant six à douze semaines afin de laisser le temps aux tissus adjacents de cicatriser.

Le médecin peut juger nécessaire de réaliser des examens complémentaires (radiographies ou IRM de contraste) pour évaluer les éventuelles lésions des ligaments, qui sont les structures qui relient et connectent les os.

Comme les ligaments, mais aussi les nerfs et les vaisseaux sanguins peuvent être affectés par une luxation, ce qui peut entraîner des conséquences négatives plus durables, voire permanentes, le spécialiste peut recommander une intervention chirurgicale pour réparer les dommages. Cette intervention peut également stabiliser la zone et réduire le risque de récidive de la luxation.

Est-il possible de prévenir les luxations ?

Les luxations peuvent être évitées. Avant tout, par des mesures qui réduisent le risque d’accidents, tant à la maison que sur la voie publique : créer un environnement sûr à la maison (éviter les obstacles ou les sols irréguliers, utiliser des tapis antidérapants dans la baignoire ou le bac à douche, etc.), se faire examiner régulièrement les yeux, conduire avec prudence, entre autres.

Ces risques peuvent également être réduits lors de la pratique d’un sport. D’une part, en utilisant les équipements de protection appropriés. D’autre part, en apprenant à connaître son propre corps et en étant conscient de ses limites. De nombreuses blessures, non seulement dans les sports de compétition, mais aussi lors d’un jogging, par exemple, sont le résultat d’excès facilement évitables.

Un autre conseil est de faire particulièrement attention si vous avez déjà souffert d’une luxation. Dans ce cas, vous devez non seulement éviter de surmener la zone, mais aussi faire des exercices de physiothérapie pour renforcer et stabiliser l’articulation.

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