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Perplexity cite 215 128 pages « best software » pour l'IA

  • par
  • Les moteurs dopés à l'IA promettaient la fin du spam, ils viennent de lui offrir un mégaphone.
  • Fabriquer 215 128 pages ne relève pas de l'accident, c'est une stratégie industrielle parfaitement assumée.
  • Le vrai gagnant n'est pas le meilleur logiciel, c'est celui qui a compris comment on nourrit une machine.
Perplexity cite 215 128 pages « best software » pour l'IA

Mini quiz : et vous, vous en êtes où ?

Trois questions, une réponse par clic et on enchaîne tout seul. À la fin, surprise.

1. Un moteur à IA vous répond « le meilleur logiciel est X ». Vous faites quoi ?

  • Je vérifie qui a écrit la source citée
  • Je jette un œil vite fait
  • Je copie, c'est écrit noir sur blanc

2. Fabriquer 215 128 pages pour plaire à l'IA, pour vous c'est quoi ?

  • Une manipulation industrielle du web
  • Une combine maligne, un peu limite
  • Du marketing normal, où est le mal

3. La neutralité affichée d'une réponse d'IA, ça vous inspire quoi ?

  • De la méfiance, un ton neutre cache un choix
  • Ça dépend franchement du sujet
  • De la confiance, au moins c'est objectif

Le meilleur pour la fin : on a déniché un article au hasard rien que pour vous. Vous allez adorer le lire !

🎲 Surprenez-moi, j'y vais !
Ai_Nailer, 03/09/2026

L'autre soir, je cherche un logiciel de facturation, la réponse tombe en trois lignes, propre, sûre d'elle, et pointée vers une page que personne n'a jamais lue.

Perplexity, le moteur de recherche qui répond à votre place grâce à l'IA, cite des pages issues de trois sites qui en ont fabriqué 215 128 sur le thème du « meilleur logiciel ». Des pages écrites moins pour vous que pour la machine. Et la machine, censée trier le bon grain, avale tout. On respire.

Le spam qui devait mourir a trouvé son meilleur client

On nous avait promis l'inverse. Les moteurs qui répondent à notre place, gonflés à l'intelligence artificielle, allaient nettoyer le web de ses pages fourre-tout. Fini les classements « meilleur logiciel » écrits par personne, pour plaire à tout le monde. Perplexity cite justement ces pages. Trois sites en ont pondu 215 128, un chiffre qu'on ne tape pas à la main un dimanche pluvieux. Le vieux référencement, cet art de séduire la machine plutôt que le lecteur, n'est pas mort. Il a juste changé de client. Hier il draguait le moteur classique. Aujourd'hui il nourrit l'IA comme d'autres la gavent de livres rares. Même cuisine, autre convive. Et ce convive a un appétit d'ogre. Il ne lit pas, il ingère. Il ne doute pas, il cite. Voilà comment une page conçue pour un robot devient, en trois lignes rassurantes, la réponse qu'on vous sert quand vous cherchez de bonne foi un logiciel de comptabilité. Google passait pour le grand trieur du web. Ses héritiers dopés à l'IA récupèrent surtout ses angles morts.

215 128 pages, ce n'est pas un accident

Un tel chiffre ne sort pas d'une inspiration. Il sort d'une chaîne de montage. Vous prenez un gabarit, vous changez trois mots, vous multipliez par le nombre de logiciels sur Terre, et vous obtenez une usine. Ce n'est pas de l'écriture, c'est du remplissage au kilomètre. Le pari est simple et cynique. Les moteurs à IA ont faim de texte propre, balisé, facile à digérer. Alors on leur en sert par wagons. Peu importe que trois humains suffisent à peine à relire un centième de tout ça. La quantité fait la loi. C'est le même réflexe qui pousse à empiler 10 000 milliards de paramètres, à sortir un nouveau Claude chaque mois, ou à croire qu'un guide vous fera battre 99 % des gens. On confond le volume avec la valeur. Or ces moteurs facturent chaque réponse. Derrière la magie, il y a un coût bien réel, et un péage que quelqu'un encaisse. Les pages « meilleur logiciel », elles, ne coûtent presque rien et rapportent gros dès qu'un moteur les cite en source. Le calcul est imbattable. Fabriquer du faux pour être adoubé par du vrai, dans un marché où deux acteurs raflent 70 % des revenus, c'est la martingale du pauvre. Et elle marche. Mieux, elle passe pour de l'information. Personne ne signe, personne ne répond, mais la machine, elle, valide.

L'intelligence jugée sur ce qu'elle avale

Le vrai sujet n'est pas ces trois sites. C'est ce qu'ils révèlent. Un moteur à IA vaut ce que valent ses sources, exactement comme un élève vaut ce qu'il a lu. Sauf que celui-là ne distingue pas un test sérieux d'un décor en carton. Il cite avec le même aplomb la page bâclée et l'enquête fouillée. Cette confiance aveugle, on la retrouve partout. Chez les accros qui délèguent tout, dans les devoirs rendus sans un regard, chez ceux qui prennent une réponse pour une démonstration. L'outil impressionne, alors on baisse la garde. Pourtant la bataille open source l'a montré, ce qui compte n'est pas la taille du modèle, qu'on le rêve souverain ou pas, mais ce qu'on lui donne à manger. Ici on lui sert 215 128 plats surgelés et on s'étonne du goût. On a même bâti des censeurs pour filtrer les contenus dangereux, mais aucun ne signale la page vide, poliment optimisée, qui ne ment pas vraiment tout en n'informant jamais. C'est le trou dans la raquette. Le faux bien peigné passe mieux que le vrai en bataille.

Qui paie l'addition

Au bout de la chaîne, il y a vous. Vous cherchez un outil, on vous sert une vitrine déguisée en conseil. Ce n'est pas illégal, ce n'est même pas nouveau. C'est juste plus efficace qu'avant, parce que la machine ajoute son vernis de neutralité. Certains crient déjà à la bulle, d'autres réclament des limites, et pendant qu'Anthropic mène ses propres batailles, moi je note surtout ceci. On a bâti des systèmes qui se parlent entre eux, qui achètent, qui décident, et on les nourrit avec du contenu écrit pour eux, par des chaînes qui se moquent du lecteur. La boucle est bouclée. La machine lit la machine et nous refile le résultat comme une vérité. 215 128 fois. La prochaine fois qu'un moteur vous jure que tel logiciel est « le meilleur », posez-lui la seule question qui pique. Le meilleur pour qui.

Questions fréquentes

Faut-il fuir Perplexity et les moteurs à IA ?

Non, mais arrêtez de les croire sur parole. Ils sont pratiques pour dégrossir, catastrophiques pour trancher. Traitez leur réponse comme l'avis d'un inconnu bavard au comptoir, pas comme un verdict. La bonne question n'est jamais « que dit la machine », c'est « d'où sort ce qu'elle répète ».

Ces 215 128 pages sont-elles illégales ?

Rien ne l'indique, et c'est bien le problème. Fabriquer des pages optimisées reste parfaitement autorisé. Le scandale n'est pas juridique, il est moral et technique. On exploite un moteur qui confond le propre avec le vrai. Tant que citer rapporte plus que réfléchir, l'usine tournera.

Comment repérer une page écrite pour la machine ?

Elle coche toutes les cases et ne prend aucun risque. Aucun avis tranché, aucune erreur assumée, aucun nom qui engage. Juste un classement lisse où chaque logiciel finit « idéal pour tel besoin ». Un texte qui ne déplaît à personne n'a servi personne. Méfiez-vous du trop poli.

Sources consultées : Hacker News, Ai_Nailer, Perplexity