VivaTech : la souveraineté numérique signée Jeff Bezos

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  • VivaTech fête ses dix ans sur les Champs-Élysées, mantra de l'année : la souveraineté numérique.
  • Invité surprise de la fête de l'indépendance technologique : Jeff Bezos, fondateur d'Amazon. Cherchez l'erreur.
  • LVMH partenaire du salon : la tech, ce nouveau produit de luxe qu'on vend sans montrer le prix.
  • L'Occitanie aligne dix-sept innovations, la Nouvelle-Aquitaine ses pépites, l'Île-de-France son stand. Personne ne veut rater le train.
  • Issy-les-Moulineaux offre des entrées gratuites, Lumni apporte la caution pédagogique. Tout est calibré.
  • Bilan : fascinés, dépendants, et un peu menteurs sur nos intentions.
VivaTech : la souveraineté numérique signée Jeff Bezos
Vignette de la vidéo FRANCE 24, 14/06/2026

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1. Quand on parle de VivaTech, vous pensez...

  • Génial, le futur se construit là, j'y cours
  • Pourquoi pas, il y a sûrement de bonnes idées à glaner
  • Encore une foire à selfies avec des robots inutiles

2. Jeff Bezos invité d'un salon sur la souveraineté numérique, votre réaction ?

  • Logique, c'est une star de la tech, ça donne du prestige
  • Curieux, mais bon, ça fait venir du monde
  • Le grand écart total, on se moque de nous

3. La souveraineté numérique européenne, vous y croyez ?

  • Oui, on a tout pour réussir, en avant
  • J'aimerais y croire, mais je demande à voir
  • Un slogan sur une banderole, rien de plus

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FRANCE 24, 14/06/2026

Dix ans. VivaTech souffle ses dix bougies sur les Champs-Élysées, et le menu est connu : humanoïdes, intelligence artificielle, et le grand mot de l'année, la souveraineté numérique. Notre indépendance technologique, jurée crachée. Pour célébrer ça, l'invité surprise s'appelle Jeff Bezos, fondateur d'Amazon. La souveraineté, donc. Mais avec l'Amérique aux commandes du buffet.

Dix ans et toujours la même grand-messe

VivaTech a dix ans. Une décennie que le salon transforme Paris en vitrine du futur, le temps d'un week-end. Cette année, ça se passe du côté des Champs-Élysées, et le programme tient sur une serviette de cocktail : des humanoïdes qui marchent, de l'intelligence artificielle partout, et la promesse, répétée comme un mantra, d'une technologie bien à nous. L'événement tombe au milieu d'une semaine chargée. Les Echos l'ont noté : entre le G7, les Bleus et la Coupe du monde, VivaTech doit jouer des coudes pour exister dans l'actualité. Pendant ce temps, la France entière s'y précipite. L'Occitanie débarque avec dix-sept innovations, de l'IA souveraine à la santé connectée. La Nouvelle-Aquitaine envoie ses pépites, de Bordeaux à Limoges. L'Île-de-France a son stand. Même la ville d'Issy-les-Moulineaux distribue des invitations gratuites à ses habitants pour le samedi 20 juin. Tout le monde veut sa photo devant le robot. Personne ne veut rater le train. On appelle ça un écosystème. Moi, j'appelle ça une cour de récréation très bien sponsorisée.

La souveraineté numérique, ce concept qui invite Amazon

Et puis il y a l'invité surprise. Roulement de tambour : Jeff Bezos. Oui, le fondateur d'Amazon. Le monsieur derrière la plus grande boutique en ligne de la planète, et accessoirement derrière l'un des plus gros loueurs de serveurs informatiques au monde, ces immenses entrepôts numériques où sont rangées les données d'innombrables entreprises, françaises comprises. C'est lui, la vedette d'un salon qui passe son temps à parler de souveraineté numérique. Vous avez bien lu. Souveraineté. Le mot qui signifie, en gros : on aimerait bien cesser de dépendre des géants américains. Et pour fêter cette belle ambition, on déroule le tapis rouge au plus américain des géants. C'est comme organiser un colloque sur le régime crétois et confier l'ouverture au patron de McDonald's. Le plus fort, c'est que ça ne choque personne. Bezos monte sur scène, la salle applaudit, et on repart parler d'indépendance technologique entre deux cafés. Le Point a annoncé sa venue comme un coup de maître. Un coup de communication, surtout. Parce qu'on sait très bien comment ça marche : on veut l'aura de la Silicon Valley sans jamais oser admettre à quel point on en dépend. La souveraineté, c'est très joli sur une banderole. Dans les faits, une bonne partie de nos start-up tournent encore sur des serveurs venus d'ailleurs. Et VivaTech, ce grand barnum, le sait parfaitement.

Le luxe, les régions et le grand bal de l'innovation

Continuons la visite. Parmi les grands partenaires de l'édition, on trouve LVMH. Le numéro un mondial du luxe. Vuitton, Dior, le champagne hors de prix. Que vient faire le luxe dans un salon de technologie ? Tout, justement. Parce que VivaTech n'a jamais vraiment parlé de technologie. VivaTech parle de désir. De marques. De storytelling. On y vend du futur comme on vend un sac à main : avec une lumière flatteuse et un prix qu'on ne montre pas. Les robots humanoïdes, c'est le mannequin du défilé. Ils ne servent à rien dans votre quotidien, mais ils font de belles photos. Et pendant que les caméras filment le robot qui sert le café, les vraies affaires se signent en coulisses, loin des badauds d'Issy-les-Moulineaux venus avec leur invitation gratuite. Lumni, le service éducatif public, est aussi de la partie, histoire de donner une caution pédagogique à la fête. Tout est calibré. Le futur, le luxe, l'école, la région. Un menu dégustation où chacun pioche sa part de rêve. C'est très bien fait. C'est même trop bien fait. Et c'est précisément ce qui finit par sonner faux.

Alors, on y croit ou pas ?

Faut-il bouder VivaTech ? Non. C'est une vitrine, et une vitrine, ça brille, c'est son métier. On y voit des choses bluffantes, des ingénieurs brillants, des idées qui changeront peut-être nos vies. Le problème n'est pas le salon. Le problème, c'est le discours qui l'enrobe. Cette manie de tout draper dans la souveraineté tout en applaudissant ceux qui la rendent compliquée. On voudrait être indépendants et adulés par l'Amérique en même temps. On veut le beurre, l'argent du beurre, et un selfie avec le crémier de Seattle. Dix ans après ses débuts, VivaTech reste le miroir le plus honnête de notre rapport à la technologie : fascinés, dépendants, et un peu menteurs sur nos intentions. Rendez-vous l'an prochain, même endroit, mêmes robots, même invité surprise venu d'ailleurs. On fera encore semblant d'être étonnés.

Questions fréquentes

C'est quoi, VivaTech ?

Un grand salon de technologie organisé chaque année à Paris, qui fête en 2026 sa dixième édition, cette fois du côté des Champs-Élysées. Au programme : robots humanoïdes, intelligence artificielle et souveraineté numérique. En clair, une vitrine du futur, à mi-chemin entre le laboratoire et le défilé de mode.

Pourquoi la venue de Jeff Bezos fait-elle parler ?

Parce que le fondateur d'Amazon, géant américain de la vente en ligne et des serveurs informatiques, débarque en invité surprise d'un salon qui prône l'indépendance technologique européenne. Le Point a annoncé sa venue. Inviter l'Amérique pour fêter la souveraineté, c'est un grand écart qui mérite quelques explications.

Peut-on visiter VivaTech gratuitement ?

Selon les cas, oui. La ville d'Issy-les-Moulineaux, par exemple, distribue des invitations gratuites à ses habitants pour le samedi 20 juin. Ailleurs, l'entrée reste payante. Comme toujours, le futur a un prix, et il n'est pas toujours affiché en vitrine.

Sources consultées : Le Point, Les Echos, LVMH, AquitaineOnLine, Entreprises Occitanie, Région Île-de-France, France 24, issy.com